Illustration de l’épisode : Les salles d'arcade : disparition ou renaissance

40 ANS DE MANETTE · Épisode 2

Les salles d'arcade : disparition ou renaissance

· 6 min 39 s

Le bruit des pièces, les bornes lumineuses… Que reste-t-il de ces lieux où l’on apprenait à jouer ensemble ?

Dans cet épisode

Dans cet épisode de 40 ans de manette, je replonge dans l’âge d’or des salles d’arcade : le bruit des pièces, les écrans lumineux, les bornes impressionnantes… et cette sensation d’entrer dans le futur.

Je reviens sur leur explosion dans les années 80, leur disparition progressive face aux consoles… puis leur retour sous de nouvelles formes aujourd’hui.

Entre souvenirs de joueur, regard de père et réflexion sur notre besoin de jouer ensemble, un épisode sur ce que l’arcade représentait… et ce qu’elle peut encore transmettre.

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Crédits :

Ambiance salle d’arcade

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Children - playing

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Computers - Dialing out through modem.

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Transcription de l’épisode

Texte fourni avec le flux officiel du podcast. Il peut contenir des erreurs de transcription.

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Vous vous souvenez du bruit des pièces, des écrans saturés de couleurs, de cette lumière

un peu agressive et de ce bruit omniprésent ? Dans les années 90, entrer dans une salle

d'arcade, c'était entrer dans le futur.

Aujourd'hui, père de famille, je me demande, comment ces temples du jeu ont-ils disparu

et pourquoi reviennent-ils ?

Les salles d'arcade explosent en France dans les années 80.

A l'époque, elle représente le sommet technologique du jeu vidéo.

A la maison, les consoles ne peuvent pas rivaliser.

Les cafés installent des bornes, des salles spécialisées ouvrent dans les centres-villes.

On vient pour jouer, mais aussi pour regarder et apprendre, défier.

C'est un lieu social avant d'être un simple lieu de consommation.

Quand j'y vais, dans les années 90, adolescent, l'arcade impressionne encore.

Les bornes dynamiques comme la R360 ou Daytona USA offrent des sensations impossibles à reproduire chez soi.

Ça bouge, ça vibre, ça fait du bruit, on ne joue pas seulement, on ressent.

Et surtout, la qualité visuelle et sonore dépassent largement ce que nos consoles proposent.

Je me souviens encore de ma découverte de Virtua Fighter, quelle claque ! L'arcade, c'est l'avant-garde.

Puis la bascule commence.

A la fin des années 90, les consoles progressent très vite, les jeux deviennent plus immersifs, plus longs.

Internet arrive, on peut jouer chez soi pendant des heures avec le monde entier.

Les années 2000 arrivent, les salles ferment progressivement.

Certaines tentent de survivre en se transformant en grand complexe de loisirs mêlant arcade

et attraction familiale.

L'arcade devient un élément parmi d'autres, elle n'est plus au centre de l'attention.

Je dois l'avouer, ça m'a un peu déçu à l'époque.

J'ai eu l'impression qu'un morceau de ma culture disparaissait.

Et surtout, je ne comprenais pas vraiment pourquoi.

Sur le moment, j'avais l'impression qu'on perdait quelque chose d'unique, sans vraiment réaliser que c'était le jeu vidéo qui était en train de changer complètement de forme.

On ne perdait pas le jeu, on changeait sa manière d'y accéder.

Mais avec le recul, je comprends que l'arcade ne pouvait plus survivre uniquement grâce à sa supériorité technologique, elle devait devenir autre chose.

Et c'est peut-être ce qui se passe aujourd'hui.

Depuis milieu 2010, on voit apparaître des lieux hybrides.

Barcades, espaces rétros, complexes indores mêlant réalité virtuelle, jeux de danse, de rythme, de tir.

L'arcade revient.

Elle n'est plus seule, mais elle est redevenue un argument fort.

Un espace qui attire, qui intrigue, qui rassemble.

Même dans les grands salons qui tournent autour de la pop culture dans son ensemble, on retrouve presque toujours une zone arcade.

Et ce n'est pas par hasard, ces espaces sont vivants, bruyants, spectaculaires.

On y regarde autant qu'on y joue.

Elle revient pour proposer une expérience collective.

Et c'est là que mon regard de père entre en jeu.

Nos enfants ont accès à des univers incroyablement vastes, mais souvent seuls, chacun sur son écran.

Et ce n'est pas une critique, c'est une évolution logique, les jeux sont pensés

comme ça aujourd'hui.

Mais du coup, ces moments où on joue côte à côte, où on se regarde, où on réagit

ensemble, deviennent plus rares.

Et c'est précisément ce que l'arcade remet au centre.

A l'époque, les salles d'arcade ne m'ont pas seulement appris à jouer.

Elles m'ont appris le face-à-face, la compétition positive, perdre, serrer la main, recommencer.

Elles m'ont appris à attendre mon tour, à observer, à encourager celui qui était sur le point de finir le jeu.

Elles m'ont appris que le jeu peut créer du lien réel.

Et ça peut paraître évident, mais le respect de l'autre.

Vous n'alliez pas l'insulter parce qu'il était meilleur que vous, sinon ça se réglait autrement et rapidement.

Il n'était pas à distance derrière son écran, il était là, juste en face de vous.

Alors peut-être que l'arcade ne revient pas par nostalgie.

Peut-être qu'elle revient parce qu'on ressent à nouveau le besoin de jouer ensemble.

C'est un terrain de rencontre, un espace de transmission, un prétexte pour être ensemble.

Notre rôle de parents, ce n'est probablement pas seulement de contrôler le temps d'écran.

C'est aussi d'orienter nos enfants vers des expériences qui créent du lien.

Les salles d'arcade ont suivi l'évolution du jeu vidéo.

Elles ont disparu, se sont transformées, et peut-être qu'elles reviennent aujourd'hui

pour nous rappeler une chose simple.

Jouer ensemble, ce n'est pas tout à fait la même chose quand on est côte à côte ou à l'autre bout du monde.

Les jeux en ligne nous permettent déjà de partager, mais ici on se retrouve vraiment.

D'ailleurs, la prochaine fois que vous passez à côté d'une borne avec votre gamin, ne serait-ce pas l'occasion de lui montrer ce que c'était le jeu avant.

Que même à l'époque des dinosaures, on jouait déjà.

Et en profiter pour lui montrer que vous n'avez pas totalement perdu la main.

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Parce que le jeu vidéo, comme les salles d'arcade, ça se vit mieux à plusieurs.

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